lundi, octobre 17, 2005

The silver mount zion / Hangedup - Maroquinerie, Paris

Une chose est sûre : les concerts des groupes du label Constellation sont toujours des moments mémorables. Après les déluges soniques de Godspeed You! Black Emperor et Fly Pan Am, et l'infinie tristesse des précédents concerts de The Silver Mt. Zion, c'est donc en confiance que nous arrivions dans la petite cave de la Maroquinerie pour ce concert, complet depuis des lustres.

Les précédents concerts de Hangedup nous avaient emballés, et celui là ne fait pas exception à la règle.
On est sans cesse étonnés de la manière dont ce pourtant très dépouillé duo violon/batterie se renouvelle sans cesse. Ce soir, le set sera dont très électrique, fort et violent.
Peut être moins renversant que lors de leurs précédents passage, ils compensent en se révelant, contre toute attente, redoutable machine à danser. Hangedup, prochaine révélation dans les clubs ?

A cause d'une opération d'une des membres fondatrices de The Silver Mt. Zion, c'est un groupe rèduit et très remanié -une petite moitié du groupe habituel, épaulée par Hangedup- qui joue ce soir un ensemble de pièces écrites pour un festival belge.

Ce qui frappe d'entrée, et qui déroute certains, chez The Silver Mt. Zion, c'est leur façon très personelle d'aborder le chant. Loin de chanter juste, tous les membres du groupe compensent en chantant très fort, à la limite du cri. L'émotion générée par ces cris entrecroisés est indéfinissable, intime. Ne connaissant aucun des morceaux du set principal, on a tout de même un peu de mal à rentrer dedans au départ, ce qui sera amplement rattrapé par un final ébourrifant où ils reprendront le Fuck this place d'Hangedup, d'une violence inouïe.

Photos :

Hangedup
The Silver Mt. Zion


mercredi, octobre 12, 2005

St Thomas - Point éphemère, Paris

Photos

Il faut bien dire ce qui est, depuis quelques temps, la formule des concerts de St Thomas déçoit. Là ou il y a encore deux ans, ses sets étaient une décharge de joie et d’humour, il semble s’être enfermé dans un classique trio guitare/basse/batterie qui lui sied très peu.

Ce soir ne fait pas exception, et les morceaux en souffrent. Pourtant, au détour d’une nouvelle chanson où d’une déchirante version solo de Strangers out of blue, on a à nouveau cette confirmation : St Thomas est de loin un des meilleurs songwriters de sa génération. Il est simplement dommage qu’il ne retrouve plus la grâce des ses débuts.

John Wayne Shot Me - Point éphemère, Paris

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L'an dernier, déjà en première partie de Saint Thomas, nous avions été emballés par le set de John Wayne shot me. Malgré tout, on craignait un peu d'être déçus ce soir, que finalement ils ne se révèlent pas plus inspirés que le Ghinzu moyen. Heureusement, nos craintes n'auraient pu être plus infondées. Très efficace, la musique des hollandais est un remarquable concentré de mélodies qu'on n'arrive plus, par la suite, à se sortir de l'esprit, avec en particulier la remarquable Washing Machine et se comptine entêtante.
Sans se prendre au sérieux une seconde, les John Wayne shot me prouvent avec talent qu'ils sont ce qui est sorti de la scène Belgo-Hollandaise depuis au moins Venus.

Austin Lace - Point éphemère, Paris

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Assurant la première partie de la soirée anniversaire du label 62TV, les belges d'Austin lace délivrent un set sympathique, plutôt agréable, mais peut-être trop marqué, référencé par toute la pop belge à la mode en ce moment. Malgré tout, quelques bonne chansons laissent entrevoir un groupe qu'il faudra suivre à l'avenir.

lundi, octobre 10, 2005

10 ans de la guinguette - Guinguette Pirate, Paris

Joyeux anniversaire la guinguette !

Pour fêter comme il se doit le dixième anniversaire de cette salle que nous avons beaucoup fréquenté, et même si sa programmation récente nous touche moins qu’avant, nous nous devions d’être là. Si en plus, on nous propose un concert de Louise attaque, un des très rares groupes français, avec Noir Désir, à allier le rock le plus efficace avec des textes de qualité, à des lieux des guignolades de Delerm et consorts…

Première surprise, à peine arrivée dans la jonque, la première partie est assurée par un conteur mauritanien ! Les histoires de Siré Camara, très dépaysantes, nous mettent dans une ambiance assez agréable, mais sans pour autant qu’il en reste grand-chose une fois terminées.

Jasmine Vegas, elle, a une personnalité bien plus marquante, qui nous avait exaspérée lors d’un concert en première partie de Dominique A il y a quelques années. Bloquée par le temps, assez court, qui lui est alloué, elle livre un set finalement assez bien ficelé. Loin d’être magique, son concert est une bonne surprise par rapport au désastre attendu.

Véritables stars de cette soirée, les Louise Attaque ont prévu un set assez spécial. Sans filet, entièrement acoustique et sans set-list fixée à l’avance, le concert se déroule au grès des envies du groupe, passant en revue un très grosse partie du premier et du dernier album. Même si on regrette un peu que le second –et meilleur- album se soit vu ainsi délaissé, il faut avouer qu’après une prestation plutôt anodine en juin dernier au Grand Rex, ce concert relève magnifiquement la barre. Sans pression, le groupe se fait plaisir, la joie de jouer au milieu du public est palpable, et retrouve le panache qu’ils avaient avant de devenir des stars jouées dans tous les bars d’étudiants du pays. Un bonheur partagé avec le public, enthousiaste sans être confit d’admiration et qui saura s’amuser avec le groupe pour ce set excellent.

Après un tel concert, la tache était rude pour Têtard. Si on ne comprend pas vraiment pourquoi il a joué après les Louise, au risque de voir partir une bonne moitié du public, on reconnaîtra certaines qualités à son concert. Même si on lui souhaiterait de s’éloigner un peu de ses influences très marquées –le lien avec Miossec est particulièrement évident- ses chansons douces-amères prennent une teinte très sympathique lorsqu’elle sont chantées à deux voix, très complémentaires.

Finalement, que dire si ce n’est que la Guinguette devra encore nous compter présents lors de ses vingt ans, et même plus tôt, le 13 novembre pour le très attendu concert d’Explosions in the Sky.

Photos :
Siré Camara
Jasmine Vegas
Louise Attaque
Têtard

PS : Pour fêter son anniversaire, la guinguette a aussi édité un jeu des sept familles musicales déssiné entre autre par Emile Bravo et Luz. Il est en vente à 5 euros à la guinguette, et les vaut amplement.

mercredi, septembre 28, 2005

dEUS - Olympia, Paris

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dEUS, voilà six ans qu’ils avaient disparu de nos radars. A part un best of très dispensable, avec un seul malheureux inédit, et une poignée de projets parallèles, aucune nouvelle. Et là, depuis un peu plus d’un an, voilà que nos belges préférés refont parler d’eux, d’abord en festival, puis la semaine passée en black session, et ce soir, enfin, pour un concert plus classique.

Là où la Black Session péchait par son coté trop sage, précis, le concert de ce soir fut chaud, brut et enjoué. La formation actuelle connaît parfaitement son affaire, et nous emballe tous en trois chansons, nous tient en haleine tout du long, alternant douceur -Nothing really end, The real sugar- et brutalité -Instant Street, Fell off the floor, man- et nous mettra h.s. pour de bon d’un simple Suds and Soda fougueux.

Le public est un peu trop froid à notre goût, mais qu’importe, pour les quelques uns qui les avaient vu, finissant en transe, en 99, dEUS sont de retour, et croyez-nous sur parole, cette fois, ils n’ont certainement pas intérêt à nous refaire poireauter six ans.

Jeronimo - Olympia, Paris

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Tout le monde, jusqu’à très récemment, annonçait Millionnaire pour assurer la première partie de dEUS à l’Olympia. C’est pourtant les liégeois de Jeronimo qui furent sur scène. Du pourquoi de ce changement, on ne saura rien, mais tout ce qu’on sait, c’est qu’on n’a certainement pas gagné au change. Sur une rythmique et un phrasé très proche d’Expérience, les belges plaquent des paroles d’une affligeante naïveté, qui tournent vite au ridicule. Loin des brûlots rock de l’ancien Diabologum, les enfilades de clichés du type « Tout les gens qui tu aimes vont mourir un jour » auraient plus à faire sur un sac eastpack, griffonnés au tipex par une gamine de 14 ans, qu’en première partie du plus incendiaire des groupes européens.

mardi, septembre 27, 2005

Elysian fields - Zebre de Belleville, Paris

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Du rock teinté de jazz d’Elysian fields, une chose est sure : il ne nous a jamais déçu. On craignait pourtant un peu que ce soir, dans une formation très réduite –Jennifer Charles au chant, Oren Bloedow à la guitare et au piano, dans le cadre intimiste du Libé Music Club, au Zèbre- ne soit un peu trop dépouillé, là où les derniers albums du groupe tendent vers un son plus pop, léché. C’était faire bien peu de cas de ce duo magique dont le prochain album reviendra apparemment au son pus brut de Bleed your cedar, leur premier chef-d’œuvre. Sans fioritures, les nouveaux morceaux donnent souvent la chair de poule, et les plus ancien n’ont rien perdu de leur douceur amère, comme les très beaux Passing on the stairs et All hearts are open graves. Il nous tarde à présent de voir ce que tout cela donnera dans une orchestration plus classique à la maroquinerie en octobre, et surtout comment ils parviendront, le 20 octobre à la cigale, à transcrire en live les douces atmosphères de leur projet klezmer La mar enfortuna.

Alex Baupin - Zebre de Belleville, Paris

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Dernier avatar de cette « nouvelle chanson française » de plus en plus insupportable, Alex Baupin ne fait pas exception à la règle : des textes censés être amers et intelligents, des musiques qui se voudraient délicates et efficaces, et tout ça pour rien. La seule différence avec la meute des Delerms et des Cherhals, c’est qu’au lieu d’écouter Aznavour et Souchon, Baupin a surtout écouté Dominique A et Miossec. Bien loin de ces honorables influences, il se révèle à peine plus profond que le Kyo moyen… A oublier au plus vite.

Edit : Yeah, je suis Jack Nicholson

lundi, septembre 26, 2005

Clem Snide - Nouveau casino, Paris

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Il y a quelques années de cela, lors d’un festival des Inrocks, Clem Snide avait créé la surprise, groupe inconnu et décoiffant jouant une folk énergique et malin. Seulement, aujourd’hui, Clem Snide n’est plus aussi inconnu, et surtout beaucoup moins décoiffant. Ou sont passées les mélodies efficaces, l’hybridation réussie de la folk et de la pop ? Réduites à la portion congrue, bouffées par une ambition qu’on sent démesurée, et un humour de salle de garde.

A l’époque, on aurait parié beaucoup sur Clem Snide pour être les nouveaux tenants d’un mouvement folk en pleine révolution, et on aurait tout perdu. En 2005, les américains de Clem Snide ne sont plus que les Patrick Sébastien indés.

Malcolm Middleton - Nouveau casino, Paris

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Le guitariste d’un des deux meilleurs groupes écossais, accompagné par la section rythmique de l’autre meilleur groupe écossais, avouez qu’on en baverait pour bien moins que ça. C’était le line up de rêve de ce concert parisien de Malcolm Middleton, guitariste d’Arab Strap, accompagné par Stewart Henderson et Paul Savage, deux anciens Delgados et par Alan Barr, qui a accompagné en live un peu tout ce beau monde à un moment ou l’autre…

Malcolm Middleton, donc, qui vient de sortir son second album aussi beau et déprimant que le premier, enchaîne ses morceaux avec un humour sombre et fin, on le sent totalement immergé dans sa musique. Tour à tour triste ou entraînant, le concert, diablement émouvant, nous fera nous rappeler, par contraste avec le set suivant de Clem Snide, ce qu’on a trop tendance à parfois perdre de vue : la tristesse peut souvent donner les plus beau moment artistiques possibles.

mardi, septembre 20, 2005

dEUS - Black Session, Maison de la radio, Paris

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Au milieu d’une cohorte de nouveaux groupes Belges et Hollandais allant des pas terrible Girls in Hawaï aux vraiment très mauvais Alamo Race Track, dEUS fait figure de père, d’influence insurpassable. Profondément remanié l’an dernier au grès des départs et des arrivées de membres, et ce après près de cinq ans de silence radio, dEUS est plus que jamais une enveloppe autour de son leader Tom Barman. Pour cette longue Black Session de près d’une heure trente, le groupe met principalement en avant les titres de son nouvel album Pocket Revolution. Si beaucoup font mouche et se révèlent beaucoup plus efficaces qu’on aurait pu le croire à la première écoute de l’album, on regrettera un peu l’apathie habituelle du public de, la Maison de la radio, confortablement assis dans ses fauteuils et qui ne s’en lèvera franchement que pour le vif et toujours magique Instant street.

lundi, septembre 12, 2005

Cocorosie - Cigale, Paris

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En juin dernier, pour fêter en grande pompe le numéro 500 des Inrockuptibles, les jeunes américaines de Cocorosie avaient livré un set parfait, aussi émouvant que joyeux, et avaient confirmé la hype flatteuse qui les entoure depuis la sortie de leur premier album. Hélas, ce soir à la Cigale, leur folk fatigue, à force de vouloir trop en faire. Trop de machines, trop de copains sur scène (même si les copains en question sont doués, à l’image de Patrick Wolf ou de Spleen), trop de minaudements… Trop de tout. On finira donc vite par se lasser de cette épuisante surenchère.

Patrick Wolf - Cigale, Paris

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On attendait ce concert, en première partie de Cocorosie, avec une certaine appréhension. Certes, les sets de Patrick Wolf à la foire de Paris aussi bien qu’au centre Beaubourg nous avaient enchantés, mais la configuration de ce soir –Public très proche et qui ne venait pas spécifiquement pour lui- ne risquait-elle pas de briser le charme fou du jeune Anglais ? Fort heureusement, il n’en fut rien. Toujours aussi mal habillé –c’est pas possible, ça doit être un pari- Patrick Wolf est déchaîné, rayonne, et emporte dans sa folie douce le public pourtant plutôt hostile au départ. Des versions splendides du Running up that hill de Kate Bush ou de son Pigeon Song seront sans conteste les points forts de cette soirée et de ce set hélas trop court.

jeudi, août 25, 2005

Rock en Seine 2005 à Saint-Cloud

Cet été, les festivals se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après un Feedback et un Sous la plage défricheurs et une Route du Rock fédératrice, voilà, comme à chaque fin d’été depuis trois ans, le nouveau mastodonte Rock en Seine.

Jeudi 25 Août

Par pure charité, on ne s’attardera pas sur les concerts de Michael Franti & Spearhead, dont le reggae musclé lasse a une vitesse qu’on n’aurait pas cru possible. Premier bâillement au bout d’un demi couplet, chapeau bas.

Parce que notre charité a des limites, on s’attardera un peu plus sur celui de Fort Minor. Nouveau projet soi-disant rap d’un des pénibles de Linkin Park, Fort Minor réussit à réunir tout ce qu’on peut trouver de plus énervant dans le nu métal ET dans le rap west-coast. Exploit, messieurs dames, exploit. Sautant dans tous les sens engageant à peu près toutes les trois secondes le public à clapper dans ses hands, à chanter en chœur une (la ?) chanson connue de Linkin Park, Mike Shinoda ne met pas une once de second degré dans cette mascarade hip-hop heureusement très courte. Le plus ridicule sera sans doute la petite trentaine de fans qui, à la fin du set, crieront pendant 15 minutes « fore minore ! fore minore ! ». Oui oui, prononcé comme ça…

Une fois passé ces deux expériences traumatisantes voilà enfin venu le groupe que nous attendions le plus de la soirée, The Arcade Fire. Les ayant loupés lors de leurs précédents passages parisiens, cette date avait un air de rattrapage, et si le concert ne fut pas à la hauteur des énormes espérances, cela eu plus a voir avec les conditions difficiles qu’avec le groupe. D’une rare énergie, jouant autant sur la carte visuelle que sur leurs géniales bombes pop, le groupe est en effet desservi par un son brouillon et un matériel défectueux. A part ça, rien à redire, le spectacle est complet, les membres du groupe s’en donnent à cœur joie pour hurler les refrains et faire ressortir des harmonies insoupçonnées sur disque.
On attendra avec une impatience non feinte de les voir dans des conditions plus humaines, et cette fois, promis, on ne les loupera pas.

Queens of the Stone Age est décidemment un groupe étrange. Son leader, Josh Homme, peut dans un même morceau envoyer une dose de décibels pas vraiment recommandée et nous faire frissonner d’un murmure. Le set de ce soir, résolument rock, nous laissera par terre. Rarement ailleurs que devant ce groupe on n’aura à la fois été moulu par la foule et enchanté par des mélodies cachées, des trésors pop enfouis sous la carapace hard rock. La version finale et hallucinante de No one knows nous achèvera, ivres de bonheur.

L’an dernier, les Pixies avaient réalisé au zénith le concert de l’année. Sur des bases pourtant à peu près identiques, avec une setlist très proche, le concert de ce soir est nettement en deçà. Là encore, les conditions n’aident pas, et on se lasse assez vite du gigantisme de la foule là ou le groupe n’est jamais meilleur que dans une vraie salle, en comité plus restreint.


Vendredi 26 Août

Rebelote pour cette soirée : les deux premiers groupes sont absolument horribles. Soucieux de ne pas perdre notre place au premier rang, nous nous accrochons quand même, durant le set de La Phaze. Un rock électro qui voudrait taper vers le dub, mais n’arrive qu’à rappeler les sombres heures où no one is innocent était à la mode. A fuir.

A coté de cet énervant braillard, Amp Fiddler ferait presque classe. Grand échalas soul, il nous lassera pourtant à force de niaiserie, aussi bien entre les morceaux –La guerre c’est mal, la paix c’est bien, on est tous frères, blah blah blah…- que dans les paroles –Tout le monde a droit à la musique, blanc ou noir, gay ou straight, etcetera, etcetera…-. En fait, Amp fiddler pourrait bien être le fils caché de Travis…

Même si on se la jouait un peu en déclarant attendre avec impatience le set de Saïan Supa Crew, on avait un peu d’appréhension, quand même. Le rap, déjà en salle, on a parfois du mal, alors là, en festival… Heureusement, nos craintes étaient parfaitement infondées. Manifestement très en forme, la bande en fait des tonnes, envoie des gros ballons dans le public, demande des chorégraphies délirantes, saute partout… Et ça marche ! On sent bien le plaisir qu’ils prennent à être là, et c’est diablement communicatif. Avec une solide dose d’humour et de dérision, reprenant Kyo, Queen et Daft punk au human beatbox, le Saian Supa Crew livre là un des concerts les plus jouissifs du festival.

Pour relever le dur défi de leur succéder, les Foo fighters feront le pari inverse : tout dans la surenchère rock, depuis le décors, constitué d’un mur d’enceintes déglinguées, au son, très, très lourd. Si tout ça ne brille pas par la finesse, on doit se reconnaître conquis quand on réalise qu’on n’aurait jamais cru connaître autant de leurs chansons. Très efficaces, leurs tubes nous prennent aussi par nostalgie de voir ce groupe que nous écoutions au lycée, mais pourquoi bouder notre plaisir ? Une version dépouillée et déchirante de Everlong finira de nous convaincre : sur scène, les Foo fighters sont de redoutables machines à nous faire remuer la tête, au mépris de nos cervicales endolories par les années.

Pour finir ce festival, les Ecossais de Franz Ferdinand font un set de festival absolument parfait. Carrées, millimétrées, leurs chansons se prêtent complètement à l’exercice de la foule. Même si on aurait préféré un concert plus personnel, moins préparé, on sort enthousiasmé par cette décharge d’énergie communicative. Alors oui, c’est sur, l’humour est quand même un peu gras –Durant la présentation des musiciens : « Aux drums, l’homme avec les beats, les très très grosses beats ». Voyons, Alex, quand même…- et on sent bien que le show est un calque de tous les concerts précédents, mais la sauce monte joliment, jusqu’à un This fffire extraordinairement défoulant.


Et donc, en fin de compte, ça donne quoi, tout ça ?

Les bonnes nouvelles seront donc venues de là ou on les attendait moins, des Queens of the stone age ou du Saïan Supa Crew. Les concerts que nous attendions fébrilement, des Pixies à Arcade Fire, auront finalement été teintés de déception, pour des tristes raisons techniques.

Au final, il serait vain de vouloir le cacher, ce festival n’a aucun charme. Là ou l’on sent, chez les autres rassemblements, une réelle ligne de programmation, une âme propre, Rock en Seine n’a pour tout argument qu’un (très très gros) carnet de chèques. Cela lui permet certes des gros coups qui le rendent parfois incontournable, mais ne serait-ce pas pour de mauvaises raisons ?


Pour des raisons techinques (une sorte de malédiction, ce week end), pas de photos de jeudi. Toutes les photos de vendredi sont là :
La Phaze
Amp Fiddler
Saïan Supa Crew
Foo fighters
Franz Ferdinand

dimanche, août 21, 2005

Boom bip - Festival Sous la plage, Paris

Décidemment, avec Boom Bip, on semble jouer de malchance. Après avoir loupé son concert à Saint-Malo la semaine dernière, voilà qu’à peine monté sur scène, il annonce qu’ils ne feront qu’une poignée de morceaux, pour cause de problème technique. Parti sous ces auspices peu engageants, le concert se déroulera pourtant au mieux. Alors que sur disque, on reste un peu imperméable à l’électro éthérée de l’américain, en concert, les nappes calmes laissent place à un rock très physique, dansant, et diablement efficace. Entouré de trois musiciens, Bryan Hollon assure un set bref mais entraînant. Le public ne s’y trompera pas, qui les fera revenir à deux reprises. Durant ces deux rappels le groupe, pensant se planter à chaque instant, se mettra en danger, et réussira à transformer un simple concert en réelle communion avec les spectateurs. On espère à présent un prochain passage parisien pour confirmer tout le bien que l’on pense de ce groupe vif et atypique.

Toutes les photos du concert sont disponibles ici

vendredi, août 12, 2005

Route du rock 2005 à Saint-Malo

Vendredi 12 Août


Débuter un festival n’est jamais évident, et beaucoup y échouent assez lamentablement. Heureusement, les anglo-allemands d’Art Brut s’en sortent plus qu’honorablement, grâce à leurs morceaux pop très efficaces et à un humour décalé. Tenant autant du concert que du one man show –durant lequel le chanteur Eddie Argos sautille dans tous les sens, fait des mimiques incroyables et échange sa chaussette avec un spectateur-, le set met en jambe pour le week-end éprouvant qui s’annonce.

Hélas, après cette entrée en matière fraîche et agréable, le rock mou de Alamo Race Track fait retomber le soufflet. Derniers avatars de cette scène belge et hollandaise qui, de Ghinzu à Girls in Hawaii, pille dEUS et Venus en n’en gardant que la forme et en la plaquant sur des morceaux d’une affligeante banalité, les hollandais d'Alamo Race Track réussissent en plus à se rendre détestables à force de prétention affichée.

Avec sa carrière, David Gedge pourrait se permettre, lui, d’être prétentieux. Au contraire, le concert sans esbroufe du Wedding Present nous laisse KO. D’une efficacité folle, le concert nous permet d’apprécier des subtilités qui nous avaient échappées lors du passage à la Maroquinerie en mars dernier.

Certains groupes sont difficiles à apprécier, demandent un effort conscient pour se livrer. C’est le cas de Yo la tengo. Pour avoir été emballés lors de leur passage au Nouveau Casino en 2003, nous savons que ça en vaut amplement la peine, mais ce n’est certainement pas un groupe de festival, où leur humour décalé peine à convaincre ceux, assez nombreux, venus pour voir du rock « habituel », moins ambitieux.

Têtes d’affiche de ce premier soir, Mercury Rev déçoit un peu avec un concert certes de bonne facture mais trop carré, sans le coté très émouvant qu’ils peuvent avoir parfois, comme lors de la splendide Black Session de ce début d’année.

Pour clôturer cette soirée, et comme à leur habitude, The National seront parfait. Leur rock aussi physique que réfléchi nous renverse encore une fois, avec une version particulièrement inspirée de Cold Girl Fever, et une décharge de fureur impressionnante sur une Mr November qui se terminera en slam du chanteur qui finira la chanson porté par la foule. The National prouve à nouveau que le rock peut être intelligent, adulte, sans perdre de son efficacité


Samedi 13 Août

A peine ouvert, le fort est déjà plein à craquer. Pour la première fois, grâce à l’affluence record due au concert de The Cure, le premier groupe de la soirée va jouer devant un parterre bien rempli. Et les canadiennes de The Organ s’en sortent avec les honneurs. Leur rock précis et efficace fait même se remuer les troupes de corbeaux agglutinés. Ultra référencé –On sent que les cinq filles ont dû écouter Morrissey plus que de raison–, leurs morceaux restent quand même personnels, par la magie de la voix de Katie Sketch qui, imparfaite, en est d’autant plus touchante.

L’enthousiasme provoqué par The Organ sera hélas bien vite douché par Colder. Le français enchaîne des morceaux sans le moindre intérêt, tente de se donner une contenance en fumant clope sur clope, mais ne réussit au final qu’à être pathétique. Sitôt le concert terminé, le seul souvenir sera le ridicule « silicone…sexy… ». Cinq jours après, on en rit encore.

Vous vous souvenez 2003 ? Les groupes en the pullulaient, le simple fait de cogner un arbre faisait tomber une bonne demi douzaine d’aspirant strokes. Au milieu de toute cette clique, nous avions bêtement snobé The Raveonettes, ravalés un peu hâtivement au rang de « Tourtel des Kills ». Avec le concert de ce soir, nous voilà bien forcés d’admettre notre erreur. Les suédois sont une des très bonnes surprises de cette édition. Mélodique et enflammé, leur rock paraît presque naïf au premier abord, mais nous prend par surprise, ne nous lâche plus du set, et nous fait sans problème oublier la pluie qui s’abat.

Comme pour épargner au sous-sol malouin une infiltration de rimmel, l’averse s’arrêtera pour le début de The Cure.
Avec pratiquement deux heures et demi, on assiste alors au plus long concert de l’histoire de la Route du Rock. Enchaînant les morceaux, Robert Smith ravit les fans. Le soucis est peut être d’ailleurs l : si les fans sont heureux d’entendre des raretés, des inédits et peu de tubes, les autres se lassent un peu, au bout d’une petite heure. De plus la fosse a vite fait d’écrabouiller les plus résistants, et on ne finit le concert en vie qu’au prix d’un repli stratégique vers le stand labels (et la buvette). Le festival aurait probablement gagné à garder la configuration habituelle, ses six groupes par soirée et ses sets brefs et souvent intenses.

Epuisés, on rentre dormir après que le début de !!! ait confirmé que nos craintes : on ne se sent pas supporter une heure de la version inrockuptiblement correcte du Saga Africa de Yannick Noah.

Dimanche 14 Août

Cette dernière soirée commence par un choix des plus malheureux : voulant éviter la navette, systématiquement arrêtée par des hordes de douaniers à chiens, nous irons au fort en voiture. Las, cela nous coûtera la quasi-totalité du set de Boom bip, qui semble pourtant fort intéressant. On se repenchera sur l’electro du bonhomme à la première occasion.

Groupe du siècle du NME il y a trois mois de cela, Maxïmo Park délivre un set non sans qualité (les singles Graffiti ou Going Missing font mouche), mais trop carré, trop pro. On ne sent pas la folie douce qu’ils semblent vouloir afficher. Mais le temps passe plutôt vite, on ne s’ennuie pas, et cela reste en fin de compte un bon petit concert de festival.

The Polyphonic Spree arrivent sur scène, et directement, détruisent la moindre crainte qu’on pouvait avoir. Loin d’un concert figé, prévu dans ses moindres détails, c’est un ouragan qui débarque. Les musiciens dansent chacun de manière assez peu ordonnée, un des batteurs se retrouve successivement dans le public, en haut des projecteurs, à sept ou huit mètres de hauteurs, et à nouveau dans le public, le tout sans arrêter de battre son tambour. Durant le concert, on pense un peu aux Flaming lips par cette absence absolue de cynisme, cette espèce de gros goûter d’anniversaire. Le seul reproche à faire au concert est qu’on en veut encore. A quand un concert parisien ?

La dure tâche de suivre une telle explosion de joie revient aux stars de la soirée, les New-yorkais de Sonic Youth. Les concerts de Sonic Youth sont toujours uniques, une explosion de fureur bruitiste, et celui-ci, bien qu’un peu en deçà du set fabuleux à l’Olympia en 2002, ne fait pas exception. On sent qu’on aurait pu plus rentrer dedans si on avait mieux écouté le dernier album du groupe Sonic Nurse, largement joué, mais les quelques tubes joués, dont un Teenage Riot comme toujours génial, nous mettent le sourire aux lèvres.

Un très bon concert au café de la danse en début d’année nous avait fait porter de gros espoirs sur les canadiens de Metric. Ce set est moins entraînant, mais certains morceaux font toujours mouche, en particulier l’excellent Dead Disco, qu’Olivier Assayas avait eu bien du nez de promouvoir dans son film Clean. Ce set aura de plus provoqué la polémique la plus drôle du festival, entre la mort annoncée de Johnny Hallyday et les exigences de The Cure : Emily Haines, le très joli petit pois sauteur de chanteuse, a-t-elle demandé au public de hurler « Thank You Sonic Youth ! » ou « Fuck You Sonic Youth ! » ? Le débat n’est pas encore tranché, mais nous penchons pour la première possibilité.

La fin de Metric venue, on ira une dernière fois s’amuser de la dévastation du stand labels, pendant le concert de Vive La Fête. C’est plus fort que nous, on n’a jamais pu supporter ce groupe belge qui semble pourtant, de loin, enthousiasmer la foule.

Et donc, en conclusion ?

Comme chaque année, le festival Malouin aura donc été l’occasion de se prendre de grosses claques, comme pour les Raveonettes ou Polyphonic Spree, de confirmer la confiance qu’on peut avoir en la qualité jamais démentie des groupes issus du label bordelais Talitres (The National, The Wedding Present, The Organ, trois des meilleurs moments de l’édition), et de se donner des groupes qu’on suivra avidement tout au long de l’année.

Et comme chaque année, dans le train du retour, on commence déjà à faire nos pronostics pour l’an prochain. Y aura-t-il enfin New Order ou Radiohead ? En tout cas, nous y serons.

Les quelques photos que j'ai pu prendre malgrès la vigilance des vigiles sont ici

vendredi, juillet 29, 2005

Joseph Arthur - Maroquinerie, Paris



Après une année 2002 où on avait pu le voir 4 fois à Paris, Joseph Arthur s'était comme évanoui. Son dernier album sort à peine en France, alors qu'il date de l'an dernier, et personne n'avait trop l'air de savoir ce qu'il devenait.
Autant dire que l'annonce de ce concert en a surpris plus d'un.
Après le concert catastrophique au Bataclan, durant lequel un groupe de requins de studio avait massacré les chansons à coup de riffs ravageurs et de country bien grasse, c'est peu de dire que voir la scène nue, à l'exception d'une guitare et de pédales, nous a tous rassuré.
Le style à un peu changé, ceci dit, plus rock-electro, moins de folk, et si certaines chansons le supportent à merveille, comme Mercedes, d'autres ne se relèvent pas d'un traitement assez extrême, comme Speed of light.
Les nombreux rappels, heureusement, nous laisseront voir que le Joseph Arthur qu'on aime, aussi touchant qu'imprévisible, est toujours là. Peignant un tableaux pendant que les boucles continuent de tourner, jouant sa meilleur chanson, Birthday card, ou reprenant les Smiths pour un There's a light that never goes out très rock.
Au final, si ce concert n'a pas la grâce que pouvaient avoir ses précédentes apparitions à la Maroquinerie ou à la Scène en 2002, il fait heureusement oublier le Bataclan et permet de voir une autre facette de Joseph Arthur qu'on a hâte de mieux connaître.

mardi, juillet 12, 2005

Sigur Ros - Olympia, Paris

Amina - Olympia, Paris

dimanche, juillet 10, 2005

The fall - Festival Feedback, La Villette, Paris

DJ Elephant power - Festival Feedback, La Villette, Paris

Amusement parks on fire - Festival Feedback, La Villette, Paris

Flotation toy warning - Festival Feedback, La Villette, Paris

samedi, juillet 09, 2005

Liars - Festival Feedback, La Villette, Paris

Wolf eyes - Festival Feedback, La Villette, Paris

Sébastien Schuller - Festival Feedback, La Villette, Paris

jeudi, juillet 07, 2005

The magic numbers - Boule Noire, Paris

mardi, juin 28, 2005

The kills - Soirée Inrocks 500, Cité de la musique, Paris

Alain Bashung - Soirée Inrocks 500, Cité de la musique, Paris